Le Blog de Françoise Cartron

Refondation de l’école, un nouveau pas

Écrit par Françoise Cartron. Publié dans Educations/Formation

Dans une circulaire parue hier, Vincent Peillon a présenté ses priorités pour la prochaine rentrée. Je les partage entièrement !

Première d’entre elles, l’octroi de moyens en plus pour notre Ecole. La création de près 7 000 postes d’enseignants dans les établissements scolaires publics viendra ainsi soutenir une école plus juste, qui inclut l’exigence de la réussite de tous les enfants. Un changement de taille après six années de suppression et de démantèlement de l’école primaire, là où pourtant, la lutte contre les inégalités et le décrochage est la plus efficace. 

Mais ces ressources supplémentaires sont bien entendu indissociables d’une réforme pédagogique majeure et d’une évolution en profondeur de notre système scolaire ainsi que des pratiques professionnelles. C’est l’ambition de la réforme globale menée par le gouvernement au service de la refondation de l’Ecole de la République.

Je me félicite alors des orientations dessinées dans la circulaire en matière de régulation de la carte scolaire et des décisions courageuses qu’entend prendre le Ministre en la matière.

 

Ces dernières vont dans le sens des préconisations que j’avais établies, l’année dernière, dans mon rapport intitulé « Réguler la carte scolaire, pour une politique ambitieuse de mixité sociale ».

 (…) « Afin d'introduire dès à présent plus d'équité dans l'affectation des élèves, les directeurs académiques des services de l'éducation nationale ne traiteront plus prioritairement les demandes de dérogation formulées sur la base du motif « parcours scolaire particulier », qui servent trop souvent à éviter l'établissement de secteur. Les demandes à examiner en priorité restent, d'une part, celles des élèves en situation de handicap et nécessitant une prise en charge médicale importante, d'autre part, celles émanant de boursiers au mérite ou de boursiers sociaux. (…)

J’avais, après trois mois de travaux, d’auditions et de déplacements, pointé l’échec de l’assouplissement de la carte scolaire décidé par l’ancienne majorité.

En effet, par une soi-disant liberté de choix de l’établissement, cette réforme devait permettre à certains élèves, en particulier issus de milieux sociaux défavorisés, d’accéder à des établissements « réputés ». Seulement, il s’est agi d’un trompe l’œil puisque le nombre de places disponibles était très contraint.

Ce décalage est venu accroître la concurrence entre établissements, et au final, a profité en premier lieu aux familles les mieux informées sur les moyens de contournement. A l'inverse, elle s’est faite au détriment de l’éducation prioritaire, au détriment des familles les plus éloignées des « codes » et des normes scolaires, renforçant ainsi la ghettoïsation et l’homogénéisation sociale des élèves les plus défavorisés.

Or, sur ce point, j’ai pu constater que les options rares et les « parcours spécifiques » ne sont, le plus souvent, pas choisis pour eux-mêmes, pour leur intérêt pédagogique, mais parce qu’ils constituent un moyen commode d’évitement.

Les rendre inopérants dans les stratégies de contournement, ce n’est pas les supprimer, c’est éviter qu’ils servent un « marketing scolaire » très coûteux, sans que soit pour autant constaté un bénéfice éducatif global.

Ce durcissement des conditions de contournement est donc un premier pas, non pas vers un retour à une sectorisation stricte, celle qui prévalait avant la réforme et qui ne fonctionnait pas, mais vers une régulation de la carte scolaire qui favorise la mixité sociale, facteur de réussite partagée, et qui répond à la mission première de l’Ecole : la préservation de l’égal accès, pour tous et sur l’ensemble du territoire, à un service public d’éducation de qualité.  

Cette démarche devra être suivie, et c’est le sens des propositions que j’avais faites, et que je continuerai à défendre, d’une remise à plat de l’offre de formation ; d’une modulation dans l’attribution des dotations aux établissements en fonction de cet indicateur de mixité sociale ; et d’un redécoupage des secteurs, englobant plusieurs établissements, en concertation avec les élus locaux, en particulier les Conseils généraux. Avec une révision également des procédures d’affectation des élèves.

 

 

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