Le Blog de Françoise Cartron

Echange sur les rythmes scolaires à Matignon

Écrit par Françoise Cartron. Publié dans Educations/Formation

Mercredi 30 janvier, à l’occasion d’une réunion de travail organisée à Matignon, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec le Premier Ministre sur les réformes en cours, notamment sur celle relative aux rythmes scolaires dans le premier degré dont le décret est paru le samedi 26 janvier au Journal officiel. 

J’ai souhaité relayer auprès de lui certaines interrogations que les élus locaux de mon département ont exprimées concernant les modalités pratiques de mise en œuvre de la semaine de quatre jours et demi.

 

La réforme des rythmes éducatifs, nécessaire, indispensable à la refondation de l’école, entraînera des changements qu’il faut prendre en compte et accompagner. Aussi, dans l’attente des éléments d’information qui seront diffusés d’ici peu à tous les maires par le Ministère de l’Education nationale, sous la forme d’un guide pratique, voici les différents points sur lesquels les élu(e)s girondin(e)s m’ont interpellée et que j’ai abordés au cours de nos échanges.

      v Sur les personnels mobilisés

      Sur le temps périscolaire dégagé par le retour à la semaine de cinq jours, soit ¾ heures quotidiennes, se pose la question du type d’habilitation exigé. Au delà du taux d’encadrement qui, nous le savons, sera assoupli par décret, j’ai souhaité savoir quelles compétences seront requises dans la prise en charge des élèves hors temps scolaire.

A titre d’exemple, sera-t-il envisageable de recruter des enseignants, volontaires ou retraités, et/ou des bénévoles ?

      v Sur l’aménagement de la nouvelle semaine

Tous les enfants devront-ils être pris en charge jusqu’à 16h30, comme c’est le cas aujourd’hui ? D’un point de vue logistique, les transports sont le plus souvent établis en fonction des horaires du collège de secteur. Par conséquent, le transport scolaire devra-t-il désormais être organisé en fonction de l’heure de la fin des cours, envisageable dès 15h30, ou en fonction  de la fin du temps « périscolaire » ?

Le décret prévoit également la mise en place d’activités pédagogiques complémentaires en groupes restreints pour l’aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Quel en sera le contenu ? Seront-elles obligatoires ou facultatives ? S’il s’agit d’un temps périscolaire, quel en sera le financement ?

Dans le cas où ces APS seraient comprises dans le service obligatoire des enseignants, quelle prise en charge pour les autres élèves ?

Comment peut s’effectuer la cohabitation entre le personnel enseignant et les personnels d’animation au sein même des locaux scolaires ?

Peut-il y avoir un aménagement pour organiser la pause méridienne des enfants en école maternelle ?

Le samedi matin est envisagé comme une dérogation possible qui doit être validée par le DASEN au regard du projet éducatif territorial et de l’intérêt pédagogique. Non comme une option. Pourtant, de nombreuses communes semblent vouloir effectuer ce choix, et ce, pour les raisons suivantes :

  • Une pause en milieu de semaine paraît bénéfique aux apprentissages ;
  • Le travail des parents le mercredi pose le problème d’un temps scolaire uniquement sur la matinée ;
  • Les associations qui avaient la journée entière libérée pourraient connaître des difficultés à réorganiser leur temps d’accueil.
  • Se pose aussi la question de la restauration scolaire prise en charge par les communes, etc. 

-                                      Sur le processus de décision

Le Maire, le Président de l’intercommunalité et ou le Conseil d’école peuvent réaliser des propositions d’organisation de la semaine scolaire après avoir recueilli l’avis de l’Inspecteur de l’éducation nationale chargé de la circonscription du 1er degré qui peuvent être la base de l’organisation fixée par le DASEN. Celui-ci se prononcera sur les propositions notamment en s’assurant du respect des principes posés au niveau national et sur la cohérence entre la proposition et le projet éducatif territorial. 

Quel type de « conciliation » est envisagé si le maire et le conseil d’école ont des avis divergents sur la mise en œuvre de la nouvelle semaine scolaire ?

 

      v Sur le coût de la réforme

Toutes les communes ayant décidé d’appliquer la réforme dès la rentrée 2013 se verront allouer une dotation forfaitaire de 50 € par élève. Les communes éligibles à la Dotation Solidarité Urbaine cible ou à la Dotation Solidarité Rurale cible se verront allouer 40 € supplémentaire par élève, soit 90 € par élève au total pour la rentrée 2013. Pour l’année suivante ces communes bénéficieront d’une dotation de 45 € par élève.

Au regard des dépenses durables induites par la réforme pour certaines communes, une pérennisation du fonds d’aide est-elle envisageable ? Si oui, dans quelles conditions ?

     v Sur l’élaboration du Projet Educatif Territorial 

A l’initiative des collectivités territoriales est élaboré un projet éducatif territorial associant l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de l’éducation (administrations de l’Etat concernées, familles, associations culturelles et sportives, éducation populaire…). Les services de l’Etat seront mobilisés pour soutenir cette démarche.

Alors que de nombreux paramètres dépendent à ce jour du PEDT, quelle souplesse est prévue dans leur élaboration ?

 

 

  

   

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir