Le Blog de Françoise Cartron

Comment améliorer la protection sociale et la santé des étudiants ?

Écrit par Françoise Cartron. Publié dans Interventions

Le contrôle du gouvernement est, avec le vote de la loi, la deuxième grande fonction du Sénat. Cette mission s'exerce en séance publique et par le travail qui s'effectue au sein des commissions et des délégations du Sénat. 

Ces actions peuvent prendre la forme de questions, de rapports, de débats, et couvrent l'ensemble des thématiques et des champs de l'activité publique.

Des temps de travail sont régulièrement consacrés à cette fonction spécifique de contrôle et d'évaluation. 

Mardi dernier, un débat était ainsi organisé sur la sécurité sociale et la santé des étudiants, échange au cours duquel je suis intervenue.

Pendant près de deux heures, les Sénatrices et Sénateurs ont notamment pu revenir sur les conclusions d'un rapport sénatorial, publié fin 2012, consacré à cette thématique. Le travail en question a été réalisé par les membres d'une des sept commissions permanentes du Sénat : celle en charge des affaires sociales.  

Ce rapport, qui est le fruit d'un travail d'auditions et de déplacements sur le terrain, établit plusieurs propositions pour un meilleur accompagnement des étudiants au sein de leurs établissements et d'une plus grande coordination des acteurs de la prévention en matière de santé. 

Je vous invite à prendre connaissance de la note synthétique réalisée par le Sénat sur ce sujet. 

J'ai souhaité, lors de mon intervention, rappeler des constats et les orientations qui me paraissent être importants :

- Un tiers des quelque 2,4 millions d'étudiants que compte notre pays a déjà renoncé à des soins. Parmi les facteurs explicatifs figurent : le manque de temps, l'automédication et aussi les difficultés financières ;

- Le développement de conduites à risques et de comportements addictifs à cette période de transition - entre l'adolescence et l'âge adulte - ainsi que des pathologies particulières comme le stress ou les fragilités psychologiques ; 

- Le régime délégué d'assurance maladie spécifique aux étudiants est devenu, pour diverses raisons, trop complexe et il semble de plus en plus difficile d'atteindre un niveau de prestations satisfaisant notamment dans le remboursement rapide des soins ;

- Trop d'étudiants ne disposent pas d'une complémentaire santé ou d'une information suffisante sur leurs droits. 

Par conséquent

- améliorer et simplifier le système de protection sociale en tant que tel, pour le rendre plus accessible.

- encourager les études statistiques, pour mieux appréhender l'évolution des besoins des étudiants en matière de santé et de prévention.

- identifier clairement les lieux d'enseignement - l'école, les établissements d'enseignement supérieur ou les structures rattachées - comme des lieux d'accompagnement, de prévention et d'information privilégiés. 

- accroître la visibilité et l'accessibilité à ces lieux pour que les étudiants ne "décrochent" pas des soins. Les comportements responsables s'acquièrent à cet âge et ont une influence sur toute la vie. 

En réponse aux dix orateurs - de différentes sensibilités politiques - qui sont intervenus, Madame Fioraso, Ministre de l'Enseignement supérieur, a ainsi pu préciser plusieurs points concernant la politique du gouvernement en la matière :

- En moyenne : de 10 à 20% des étudiants ne bénéficient pas d'une complémentaire santé. Jusqu'à 40% des étudiants dont les parents gagnent moins de 1500€/mois n'ont pas de complémentaire santé ;

- Nécessité de rétablir la clarté du régime social spécifique aux étudiants devenu trop complexe

- Une hausse des ressources de la médecine préventive pour les étudiants ;

- Une action coordonnée, pour plus d'efficacité, entre les deux Ministères - de l'Enseignement Supérieur et de la Santé - dans la définition de politiques systématiques d'accès aux soins ;

- Un accès automatique des 7000 étudiants boursiers en rupture familiale à la CMUc ,

- La création de 30 centres de santé dans les universités ;

- La simplification des démarches d'affiliation via le numérique ;

- La résolution du décalage d'un mois qui existe aujourd'hui entre le jour de l'inscription universitaire et l'affiliation ; 

Dès le printemps 2014, la Ministre présentera un plan santé qui s'adressera à tous les étudiants quelque soit leur établissement, leur origine.

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