Le Blog de Françoise Cartron

Enseignement scolaire, budget 2016

Écrit par Françoise Cartron. Publié dans Au sénat

 Loi de finances pour 2016

Enseignement scolaire 

2 décembre 2015 

La parole est à Mme Françoise Cartron

 

Mme Françoise Cartron

Monsieur le président, madame la présidente de la commission, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, la question est posée : 700 millions d’euros d’augmentation des crédits pour l’enseignement scolaire pour 2016, pour quoi faire ?

C’est très simple : pour mettre des enseignants bien formés devant les élèves.

Eh oui, cela a un coût !

Pour scolariser à nouveau en maternelle, et soutenir la priorité à l’école primaire.

Eh oui, cela a un coût !

Pour respecter les exigences du dispositif « Plus de maîtres que de classes » et l’accompagnement des élèves les plus en difficulté.

Eh oui, cela a un coût !

Cette année encore, nous opérons un rattrapage nécessaire, nous engageons un effort indispensable.

Monsieur Carle, vous avez affirmé que le « toujours plus » ne résolvait rien. Je vous réponds que le « toujours moins » a montré ses limites sous le précédent quinquennat !

(Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain, du groupe CRC et du groupe écologiste.)

 

M. Jean-Claude Carle, rapporteur pour avis

Les résultats n’étaient pourtant pas plus mauvais !

Mme Françoise Cartron

Monsieur le rapporteur pour avis, vous avez également défendu le caractère primordial de l’enseignement primaire.

Nous sommes d’accord !

Il y a deux ans, pourtant, vous votiez ici même contre la loi de refondation de l’école, dont l’axe principal visait à accorder la priorité au plus jeune âge. Or, pour la première fois, cette ambition a été mise en œuvre.

M. Jean-Claude Carle

Cela ne se traduit pas dans les faits.

Mme Françoise Cartron

J’avoue parfois avoir des difficultés à vous suivre !

M. Jacques Grosperrin 

Nous aussi !

Mme Françoise Cartron

Pourtant, je suis avec vous quand vous appelez à un redéploiement du secondaire.

Chiche ! Il faudra bien que nous nous attaquions à toutes ces options qui sont extrêmement coûteuses et dont nous avons vu qu’elles pouvaient susciter des défilés.

M. Jean-Claude Carle

Nous sommes d’accord !

Mme Françoise Cartron

Nous accordons également la priorité à la lutte contre le décrochage scolaire, en lui attribuant les moyens nécessaires. Une bonne nouvelle a été annoncée aujourd’hui, avec de premiers résultats positifs relevés par l’OCDE : en 2014, le nombre de décrocheurs a baissé en France de 26 000 ! (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Jacques Grosperrin.

Tant mieux !

Mme Françoise Cartron

L’effort doit se poursuivre, nous sommes sur la bonne voie.

Vous défendez également l’apprentissage des fondamentaux. Nous sommes tout à fait d’accord. Rappelons cependant que, toujours selon une note de l’OCDE, les enfants français passent plus de temps à apprendre à lire qu’ailleurs. Notre pays M.consacre 37 % du temps d’instruction obligatoire à l’étude du français en primaire, contre 22 % dans les autres pays. Pourtant, l’OCDE nous démontre, enquête après enquête, que notre niveau n’est pas à la hauteur de nos espérances.

L’enjeu des années à venir réside donc dans l’innovation pédagogique. Nous la mettons au cœur de nos réformes, quand vous la combattez. Chers collègues de l’opposition, au vu de certaines de vos propositions récentes, je vous répète qu’il est illusoire de croire que les solutions aux problèmes d’aujourd’hui et de demain se trouvent dans les recettes du passé !

 M. Jacques Grosperrin

C’est vous qui êtes nostalgiques de Jules Ferry 

Mme Françoise Cartron

Je dirai un mot sur la réforme des rythmes scolaires, que vous avez largement évoquée. Vous relevez deux écueils. D’une part, elle aurait aggravé les inégalités entre les territoires.

M. Loïc Hervé : « Eh oui, cela a un coût ! » (Sourires sur les travées de l'UDI-UC et du groupe Les Républicains.)

Mme Françoise Cartron

Non, elle les a révélées. Demain, les nouveaux rythmes permettront de les réduire.

Vous avez affirmé d’autre part que le fonds de soutien était en baisse.

 

M. Loïc Hervé : « Eh oui, cela a un coût ! » 

Mme Françoise Cartron

Ce n’est pas exact : son niveau est maintenu tel qu’il avait été pérennisé dans la loi de finances.

Je me souviens de votre désengagement, lors de la mandature précédente, s'agissant de la scolarisation des enfants de moins de trois ans. Au sein de la commission, nous avions examiné un rapport qui disait tout le mal possible de l’école maternelle…

 M. Jacques Grosperrin

Nous n’avons jamais dit cela !

Mme Françoise Cartron

… et vantait les jardins d’éveil, entièrement payés par les communes, sans accompagnement de l’État ! (Applaudissementssur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe écologiste.)

M. Jacques Grosperrin

Ce n’était qu’une option, et sans doute pas la meilleure.

Mme Françoise Cartron

Ce n’était qu’une option, mais c’était la seule, cher collègue !

Souvenons-nous que le Gouvernement a mis en place durant ces trois dernières années les crédits nécessaires pour mener cette politique ambitieuse.

Ne boudons pas notre plaisir, saluons cet effort et saluons ce budget, qui est le premier de la nation ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain, du groupe écologiste et du RDSE.)

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